A sa royauté Ferdinand d’Espagne et sa majesté Isabelle d’Espagne.

Après avoir récemment trouvé les terres bordées d’eau, je me suis embarqué de nouveau sur nos navires pour continuer vers l’ouest et trouver l’Inde.

Chacun de mes instruments de navigation m’indiquait de voguer tout droit en suivant les vents chauds. Peu de jours de mer après mes marins virent au loin une terre.

Arrivé sur cette Inde je vis des plantes et des herbes d’Orient, colorées et riches d’odeurs. Quelques missionnaires s’aventurèrent  au travers de l’épaisse forêt humide. De vaillants hommes qui ne revinrent jamais, d’ailleurs je fus accablé de ne pas voir leur retour. Un cortège d’hommes décida de partir à la rencontre des sauvages qui peuplent l’Inde.

Nous marchâmes plusieurs jours, certains marins devenus soldats périssaient d’étranges maladies. Des animaux d’une taille et d’une rareté à faire frémir les Saints, des serpents longs de plusieurs pieds et d’un poids égal à dix hommes.

Nous pensions être accueillis de bijoux et d’or mais là a été mon tort. Un déluge de flèches nous frappa, on ne savais pas d’où elles étaient tirées donc un brave homme prit son fusil et tira en l’air comme une sommation. Ce geste fit fuir les indigènes dans une étrange course désordonnée et rapide, nos armes à feux les bouleversèrent. Sur les cadavres des sauvages morts nous trouvâmes des colliers d’or et de pierres. Si ils avaient sur eux il devait y en avoir sous leurs terres mais reste à le découvrir.

A l’aide de nos montures nous les prîmes en chasse jusque dans des sommets divins, le ciel ne se distinguait pas de la terre. Une brume blanche semblait nous ôter l’air qui nous est vital. Alors on préféra redescendre et ne pas tenter le diable.

Voilà vos majestés le court récit de mon voyage mais dè mon retour il sera plus complet et accompagné d’or qui vous est destinées. Mon ambition de trouver l’Inde par l’ouest a aboutie et grâce a Dieu que je remercie. Il ma épargné et m’a permis d’arriver au bout de mon voyage pas comme certains braves hommes envers lesquels aujourd’hui je prie.

Christophe Colomb, Inde, 1492

terres bordées d’eau : il s’agit des Bahamas

serpents longs de plusieurs pieds et d’un poids égal à dix hommes : Anaconda

l’air qui nous est vital : l’altitude leur fait perdre leur souffles